Lysanne Roy Beauchamps

Centre Antifraude du Canada

    En 1993, un membre de la Direction de la lutte contre les escroqueries de la Police provinciale de l’Ontario (PPO) à North Bay (Ontario) lance le projet PhoneBusters avec un membre de la GRC de la localité. Le projet vise à verser des données dans une base centrale sur les victimes d’un nouveau problème, la fraude par télémarketing, et à poursuivre les auteurs de ce crime. Les deux policiers ont tôt fait de comprendre que le problème ne se confine pas au territoire de la ville. À compter de 1997, le projet PhoneBusters met sur pied un centre d’appels pour répondre aux demandes affluant des quatre coins du pays. En outre, il devient apparent qu’il faille offrir un soutien aux victimes; c’est alors qu’on crée le programme SeniorBusters, constitué d’aînés bénévoles chargés d’offrir leur assistance aux victimes les plus vulnérables.

    En 2001, la GRC officialise sa collaboration avec PhoneBusters par l’entremise d’un protocole d’entente; le programme est alors rebaptisé Centre national d’appels PhoneBusters (CNAP). En 2002, on ajoute un volet d’analyse au Groupe du renseignement afin d’optimiser la valeur des données recueillies. En 2006, le Bureau de la concurrence du Canada officialise sa participation en tant que troisième partenaire du CNAP, de façon à ajouter un volet de pratiques commerciales trompeuses au mandat. Toujours en 2006, l’Association canadienne des chefs de police reconnaît officiellement, par l’entremise de la résolution 9, le CNAP en tant que registre central national en matière de fraude.

    Vers la fin de 2009, le CNAP intègre des initiatives de répression à ses activités de lutte à la fraude, notamment en amorçant un partenariat avec des entreprises afin d’entraver les activités des fraudeurs.

    En 2010, le CNAP est rebaptisé Centre antifraude du Canada (CAFC) dans le but de refléter la nature nationale de son mandat et le fait que son mandat englobe beaucoup plus que les fraudes par télémarketing, s’étendant à de nombreuses formes de fraudes en marketing de masse. On redessine le logo ainsi que les pages Web pour refléter le nouveau mandat.

    Chaque année, le CAFC signale en moyenne 5 800 numéros de téléphone et 16 000 comptes courriel utilisés par les fraudeurs aux fournisseurs de service afin que ces derniers les examinent pour éventuellement les annuler. Parmi les autres mesures de répression mises en oeuvre depuis 2010, on a signalé aux fournisseurs de service près de 800 comptes de carte de crédit de commerçants, de 9 000 comptes de carte de crédit particuliers, de 1 000 comptes bancaires, de 120 sites Web et de 230 comptes d’annonces classées en ligne, afin qu’ils prennent des mesures à leur égard. Cette collaboration avec les partenaires a permis de prévenir des dizaines de milliers de fraudes et des pertes de plusieurs millions de dollars.

    Aujourd’hui, le CAFC est reconnu dans le monde entier pour ses pratiques exemplaires et il inspire de nombreux pays à emboîter le pas en créant leur propre centre de données sur la fraude. Le CAFC reçoit des appels du pays et de l’étranger à raison de 150 000 demandes d’intervention qui donnent lieu à plus de 50 000 plaintes de victimes annuellement. En outre, il reçoit environ 1 200 demandes par courriel au quotidien.